Comprendre et désamorcer sa colère avant d’exploser : les clés d’une thérapeute

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Il nous arrive à tous de nous mettre en colère, donc pas de panique même si souvent on le regrette après coup. La colère est une émotion et comme toutes les émotions, il est nécessaire de l’extérioriser. Ce sera toujours la partie souffrante en nous qui va s’exprimer lorsque la colère prend les commandes.

Comme la tristesse, la peur ou la joie, la colère a besoin de s’exprimer. Si on regarde l’étymologie du mot "Emotion" çà vient du latin ” Emovere” ce qui veut dire qui se meut vers l’extérieur. Tout ce qui ne s’exprime pas finira tôt ou tard par s’imprimer dans le corps. Et si on regarde l’étymologie du mot colère çà vient du latin ” cholera” qui veut dire “bile”.

En médecine chinoise, on dit que quand la colère n’est pas évacuée, elle finit par se localiser dans le foie où réside la vésicule biliaire.

L'article en bref

  1. La colère est une alerte légitime : elle signale un besoin ou une limite non respectée.
  2. En cas de montée soudaine : respirer, reculer d'un pas et temporiser (de 1 à 10) pour ne pas blesser.
  3. Interroger ses règles intérieures : assouplir le « il faut » permet de désamorcer les conflits avec soi et avec les autres.

Comprendre la fonction de la colère dans le corps et l'esprit

L'apprentissage du refoulement émotionnel depuis l'enfance

Tout simplement parce qu’il y a une croyance qui dit que se mettre en colère, crier, monter dans les tours ce n’est pas bien et il se peut aussi que pendant notre enfance on nous ait demandé d’aller passer notre colère dans notre chambre et d’en ressortir seulement lorsqu’on serait calmé(e) ! Par conséquent, au fil du temps, on a appris à ne pas extérioriser cette émotion, à mettre notre poing dans notre poche, à ne rien dire.

L'effet « cocotte-minute » et la perte de contrôle

Mais, au fur et à mesure d’accumuler de la colère, un jour une goutte d’eau va faire déborder la coupe et là subitement on explose comme une cocotte minute qu’on aurait oublié sur le feu !

Dans la cocotte-minute il y a de la pression et si on n’enlève pas la soupape pour faire sortir la vapeur et bien la cocotte explose. C’est à ce moment-là que l’on perd le contrôle de ses paroles, de ses gestes et qu’on peut devenir violent et c’est rarement en face de la bonne personne, celle qui est à l’origine de notre colère.

Que faire quand la colère monte ? Les réflexes d'urgence

  • Prendre conscience que la colère est là pour quelque chose, c’est notre cerveau reptilien qui veut préserver notre survie et c’est lui qui nous pousse à l’attaque pour nous protéger.
  • Quoi faire quand la colère monte ?
  • Dès qu’on sent la colère monter, que l’on sent un coup de chaud, des contractions musculaires, l’augmentation du rythme cardiaque et une envie de passer à l’attaque telle une pulsion c’est
  • inspirer et expirer en évoquant le mot CALME
  • faire un pas en arrière
  • compter mentalement dans sa tête de 1 à 10 si possible.

C’est pas facile à faire, mais quand on y arrive, on sent la colère qui diminue et ainsi on peut exprimer nos besoins et nos limites qui ne sont pas respectés pour le moment et qui génèrent des frustrations à l’origine de notre colère.

Bien entendu, il y a des personnes, des situations et des sujets qui fâchent.

Identifier les blessures et les besoins cachés derrière l'irritation

Et quand la colère sera partiellement ou complètement partie, et bien l’important est d’aller voir ce qui se cache derrière cette colère. Eckhard Tollé disait: ” la colère cache toujours de la souffrance”.

Posons nous alors les bonnes questions :

  • Qu’est ce qui vient de me blesser ?
  • Qu’est ce qui vient de me faire réagir ?
  • M’a t’on manqué de respect ?
  • A t-on enfreint mon territoire, mes libertés ?
  • M’a t-on trahi ?
  • Ai-je vécu une injustice ?
  • M’a t-on insulté, provoqué ?
  • Est ce que je suis en colère contre moi ?
  • A-t-on ignoré les limites que j’avais posées ?
  • M’a-t-on empêché d’être moi, d’être libre ?

Si je suis en colère contre moi il se peut que ce soit parce que je n’ai pas osé dire NON , ou alors que je viens d’échouer, ou parce que j’ai pas respecté mes valeurs au profit de celles d’une autre personne ?

Et si la colère venait aussi du fait que les autres ne respectent pas mes normes, mes règles de vie, mes limites ?

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Nos règles et normes intérieures : la source cachée de nos conflits

Une norme, c’est quelque chose qui est normale pour moi et il y a des normes socio culturelles comme par exemple : on dit bonjour quand on rencontre quelqu’un même si ce n’est pas ainsi dans tous les pays.

Les règles c’est ce que je me fixe par exemple : je dois me lever tôt le matin si je veux faire tout ce que j’ai prévu dans ma journée. Souvent on débute notre phrase par **” il faut “** et parfois on va s’imposer d’importantes règles, des contraintes hallucinantes comme” c’est pas à moi de faire le premier pas ”

On veut que tout soit planifié, réglé et si on ne respecte pas ce que l’on s’est fixé et bien on va sentir de la frustration voire de la colère envers soi et on risque d’entrer en conflit avec les autres.

Les autres vont respecter leurs propres règles, leurs propres normes et ne vont pas respecter les nôtres. Tout ceci vient aussi de notre éducation, et cela va générer des conflits comme c’est souvent le cas chez les couples séparés.

Le choc des repères dans la famille et le couple

C’est dur pour les enfants de parents séparés car il y a des règles chez maman et d’autres règles chez papa. L’enfant est perdu, il ne sait plus où est le vrai, le faux et il ne sait plus quoi faire. Et si l’enfant ne respecte pas les règles d’un parent, celui-ci peut se mettre en colère. A l’adolescence, tous les enfants vont faire un remaniement et vont garder les règles, les normes qui pour eux fonctionnent et ils vont ne plus se plier à celles qui ne leur conviennent plus. C’est à ce moment- là que les adolescents entrent dans une vraie colère quand ils ne sont pas autorisés à vivre ce qu’ils veulent, comme aller à la découverte de choses nouvelles.

Jeune femme boudeuse exprimant colère et pression intérieure

Le piège de la rigidité et du contrôle permanent

A l’âge adulte, on souhaite parfois que notre entourage se plie à nos exigences à nos règles de vie mais tout ceci n’est une pure illusion. Très souvent, çà ne fonctionne pas ainsi et c’est cela qui génère et alimente les conflits.

Avoir trop de règles c’est être trop rigide que ce soit envers les autres ou envers soi. Ceci nous met dans le contrôle permanent et nous empêche de vivre sereinement.

Voici un exemple me concernant : je m’étais mis une règle que j’ai respectée pendant de très nombreuses années celle de faire le ménage tous les vendredis après-midi après le travail. Je nettoyais toutes les pièces et le lendemain j’avais très mal au dos. Maintenant suite à mes douleurs au niveau du dos et bien j’ai été ramenée à ne faire qu’une pièce à la fois ! Et je me suis rendue compte que je ne vivais pas plus mal. Même si au départ j’étais frustrée, en colère contre moi qui ne pouvait plus, j’ai réalisé par la suite que je continuais à vivre et que je m’étais mis une pression inutile pendant de longues années.

On peut très bien se pourrir la vie simplement à cause de certaines règles que l’on s’est fixées.

L'éclairage de l'analyse transactionnelle

Si on fait référence à l’analyse transactionnelle d’Eric Berne et à ses trois états du MOI on comprend mieux ce qui génère les conflits. Une personne qui fixe des règles, des normes qui donne des récompenses ou des punitions quand les règles ne sont pas respectées c’est le parent normatif. Pour que la communication fonctionne correctement, il faut qu’il ait en face de lui un enfant adapté qui est dans le OUI et la soumission.

Exemple : Si je suis dans mon parent normatif que je donne un ordre ou que je fixe une limite et que j’ai en face de moi un adolescent rebelle qui est dans la colère et le NON, la revendication, la riposte comme cela va générer un conflit. Par conséquent, le parent normatif dont l’enfant désobéit se retrouve dans une colère froide !

Vers une communication saine : assouplir ses règles et cultiver l'assertivité

Si vous souhaitez vivre plus en harmonie avec votre entourage, c’est oser identifier vos normes et vos règles et essayer de les modifier voire de les éliminer si vous considérez qu’elles ne sont plus bonnes pour vous et qu’elles sont source de conflits.

Ne garder que les règles qui vont vous permettre d’aller vers le bien être, tirer vers le haut et non pas celles qui vont vous tirer vers le bas.

Arrêtons d’imposer nos règles et nos normes aux autres car on sait maintenant qu’ils ne vont pas les respecter car ils vont d’abord respecter les leurs. Et puis essayons de ne pas avoir trop de règles car c’est très lourd pour les autres et pour NOUS.

Pour conclure

L’important c’est de dire ce qui ne va pas à l’instant où la frustration arrive. Mais, si on ne peut pas le faire parce que la personne n’est plus là, on va prendre une feuille de papier et on va tout noter afin d’extérioriser tout notre ressenti afin de se libérer.

Ainsi je vais pouvoir identifier ce qui a généré cette colère en moi et ce que j’aurais aimé à la place.

Quand j’aurai compris l’origine, les causes de ma colère et bien je vais pouvoir dans un premier temps l’apprivoiser et par la suite l’éviter. La colère n’est pas que négative, elle est aussi positive à partir du moment où elle me permet de me protéger et de me faire respecter et de délimiter mon périmètre de sécurité.

Dominique ROCHETEAU disait ceci : “ la violence est un signe de faiblesse”.

Alors ne soyons pas violents, devenons forts en devenant une personne assertive c’est à dire une personne qui exprime ses besoins et ses limites tout en respectant ceux des autres. A partir du moment où on exprime ses besoins qu’on les satisfait et que l’autre les respecte tout comme on respecte les siens alors il n’y a plus aucune raison de se mettre en colère.


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